Article rédigé par : Zineb El Mandoubi
Il suffit que je m’ennuie, que je ne trouve pas quoi faire ou que j’ai trop à faire, que je prévois un événement important, que j’ai un coup de cafard ou des ennuis, pour que je me rende directement au frigo ou au placard pour chercher quoi grignoter: barres de chocolat, glaces, chips, yaourt, biscuits, les restes d’une tarte ou d’une pizza…tout est envisageable !
Je retourne au salon bien chargée et je commence à me régaler devant le poste de télé, croyant que c’est juste un petit creux de faim, et qu’un peu de dégustation n’a jamais fait de mal à personne.
J’ouvre une barre de chocolat, j’avale un morceau et je me plais au goût. Puis je prends un autre morceau pour reproduire le même effet, puis un autre jusqu’à ce que la barre s’achève. Je me jette alors sur la deuxième tablette et après quelques minutes, je ne peux plus me freiner et me ressaisir, je deviens comme enragé à vouloir m’engouffrer d’avantage. Et lorsque je deviens vraiment rassasié, je ressens un certain soulagement qui est vite dissipé pour laisser place à un horrible mal-être .Je me plains alors de maux digestifs et je culpabilise de m’être trop laissé aller et ne pas avoir pu me contrôler à temps. Un mélange de honte, de déception, de tristesse, de dégoût et de baisse d’estime de moi -même me submerge et me ronge. Et je deviens anxieux de la perspective d’une prise de poids non désirée. Je me dis donc que c’est la dernière fois que je me permettrai une telle attitude, et pour me racheter vis à vis de ma conscience, j’envisage de sauter le prochain repas, de bien surveiller mes portions alimentaires et de programmer quelques séances de sport. Au bout de quelques jours de contrôle et de privation, je deviens frustrée…je craque! Plus forte a été la privation, plus violente est la crise. Et c’est reparti encore une fois pour un remplissage involontaire! C’est littéralement le cycle infernal vicieux: mal-être/ grignotage/remplissage/ soulagement/ remords/ privation/ mal-être…
DE LA SIMPLE GOURMANDISE A UNE VRAIE BOULIMIE …
La situation peut se dégrader si la personne ait recours aux extrêmes: la boulimie ou l’anorexie. Les deux sont des troubles du comportement alimentaire qui touchent essentiellement les femmes. Les anorexiques puisent leur force dans le rejet de la nourriture alors que les boulimiques compensent le vide qu’elles ressentent en se remplissant d’aliments. Une fois ces dernières sont bien « callées », elles se trouvent dans l’urgence de remédier à cet embarras par un vomissement provoqué afin de se libérer physiquement et psychologiquement. Elles croient qu’en agissant de la sorte, qu’elles ont trouvé une issue mais elles se leurrent.
La boulimie se définit comme le besoin irrépressible de manger trop, en un temps record et dans l’anarchie la plus totale, sans aucune limite. La personne boulimique n’a pas le temps de cuisiner ou d’attendre d’être servie. Il lui faut se remplir dans l’immédiat. Elle se gave jusqu’à en ressentir des douleurs à l’estomac qui l’empêchent catégoriquement d’avaler quoi que se soit de plus. C’est alors la seconde phase: « l’état de conscience »: elle se retrouve seule face aux emballages et aux boîtes vides. C’est là qu’elle ressent un vrai effroi et des regrets qui la poussent même à pleurer. Alors elle vomit pour se détacher de ce sentiment.
Le boulimique préfère manger que d’affronter son propre désespoir. Il vit dans un état de manque de confiance et se sent vulnérable. Il a peur d’être jugé et rejeté par les autres, c’est pour cela qu’il s’enfonce encore plus dans cette mauvaise habitude. Sa souffrance va bien au-delà de son rapport avec la nourriture.
QU’EST CE QUE VOUS FUYEZ?
« Qu’est ce qui ne tourne pas chez la personne gourmande ou boulimique? ». Il faut convenir qu’il existe toujours un motif à nos désirs. Chercher à stopper cet élan est épuisant et inutile à la fois. La question qu’il vaut mieux se poser c’est: « A quoi bon me servent ces prises alimentaires? » …Surtout pas à me nourrir puisque je n’ai pas faim. Et encore moins à apporter un plaisir gustatif car quand on n’a pas faim, on n’éprouve pas de vrai plaisir à manger.
A vrai dire, on se remplit pour fuir nos pensées. Manger peut être une échappatoire incontestable mais qui reste provisoire. C’est un système attrayant: on mange pour ne pas penser, ou on lutte pour ne pas manger, et donc on ne pense qu’à cela; dans les deux cas, on ne pense plus à nos ennuis.
Si vous ne savez toujours pas ce sui vous gêne (ce qui est d’ailleurs une preuve de l’efficacité de votre système de défense par la nourriture) alors demandez-vous: « A qui ne veux-je surtout pas penser? »
Le meilleur stratagème à suivre est de chercher votre « petite bête » ; découvrir ce qui vous trouble réellement: est-ce des tâches dures et inachevées au bureau? Un événement douloureux et enfoui dont vous n’avez pas encore fait le deuil? Un changement radical et perturbateur que vous êtes sur le point d’entamer? Des conflits personnels auxquels vous n’arrivez pas à faire face?
Quelle que soit la raison ,il faut vous doter d’assez de courage et de lucidité pour définir ces pensées afin de parvenir à les apaiser…de telle sorte que chocolat, frites et pizza ne soient plus rien d’autre que de simples et sympathiques aliments à vos yeux.
Soyez franc et tolérant avec vous-même. Essayer de vous vous tromper ou rester dans le déni total, ne fera qu’aggraver la situation.
AYEZ UN PEU DE RECUL !
Une fois le «petit creux imaginaire » vous pique, posez-vous cette question: « Ai-je vraiment faim? »… Posez-là plusieurs fois et soyez à l’écoute de votre corps. Le plus souvent, vous allez réaliser que vous n’êtes pas encore arrivés au stade de « la faim » et que c’est seulement un moyen détourné dont use votre inconscient pour vous « protéger » de vos soucis intérieurs.
TROUVEZ DES ALTERNATIVES :
Au lieu de manger, vous pouvez boire un verre d’eau ou deux. L’eau est le meilleur coupe-faim qui soit, avec zéro calorie en plus! C’est génial, non? ;)
Si votre envie de grignotage vous presse toujours, offrez-vous quelques bons éléments nutritifs ; un petit fruit, une petite salade ou des fruits secs.
EVITER DE MANGER EN REGARDANT LA TELE :
Des études statistiques ont démontré que manger en regardant la télé nous pousse à manger plus qu’il n’en faut sans s’en rendre compte. La télé rend passif et distrait et on finit par dépasser la ration alimentaire conseillée.
BOUGEZ !!
Faire une petite promenade, du footing, s’inscrire à une salle de gym ou juste faire un petit tour pour prendre de l’air, sont toutes des options efficaces pour vous changer les idées et vous dissuader ,ne serait-ce que temporairement, de votre tendance à dévorer quelque chose de salé ou de sucré.
PRATIQUEZ LA MEDITATION :
Méditer, guérit le corps et l’esprit. Les preuves scientifiques sont irréfutables là-dessus: la méditation renforce l’immunité. D’ailleurs c’est un moyen fort utilisé en Etats Unies et en Europe. Elle permet de lutter contre la rechute dépressive, le stress et toutes les maladies qui lui sont liées. Accordez-vous un peu de temps libre pour faire des exercices de relaxation, de respiration pour lâcher prise.
UNE THERAPIE, POURQUOI PAS ?
Si le mal est sérieux et qu’il persiste toujours, là se fier aux antidotes classiques et se laisser croire qu’on va y arriver, sans l’aide de personne, est une vraie perte de temps, très fatale à la longue. Le mieux à faire, est de se faire une raison et se porter volontaire pour une thérapie chez un psychothérapeute qui collaborera avec vous en vue de mettre le point sur votre vraie souffrance…Aux grands maux, les grands remèdes !

informations très intéressantes
merci beaucoup
j’aime ta facon dont ta greffé la 1ière paragraphe a la 2ième.
je vois que la boulimie touche principalement les femmes d’une manière précise, j’apprécié la phrase ou ta consigné : » Au lieu de manger, vous pouvez boire un verre d’eau ou deux « . j croix c’est la solution a déminué et quitté cette manie.
Article trèèèès émouvant.
Bravo Zineb et bon continuation
Merci Loukman
Au fait,c’est pas moi qui le dit,les études scientifiques sont d’accord là dessus: les femmes sont plus touchées que les hommes par la boulimie..peut_être à cause de leurs hormones..
Là il faut faire une distinction entre le simple grignotage de tous les jours et « la boulimie » qui s’avère être une maladie plus psychique que physique,et qui doit être prise au sérieux.
Interessant comme article …Un bon choix de sujet…
Merci Zineb..
Bsr , jaimerai dir que cest un probleme present ici au maroc aussi meme si on lignore et on se dit ke ca existe en europe plus, j parle à bcp de personne sur la boulimie et lanorexie mais on ne sait pa exactement ce ke cé , et j dirai ke j souffre aussi de ses troubles surtout de boulimie et la premiere cause cest le stress quand je me stress javale sans deguster ce ke j mange cest un moyen de remplir un vide psychologique et un moyen aussi de me punir parfois… jai remarké en moi ke ya tj une diference de poind pendant les periodes detudes mon point augmente contrairement à lété par exemple ; mais j peu pa m’en empéché j me stress troooppp. Comment pourai je depasser celà????
Merci à vous Ikram,Ghizlane et Farah..
Voilà,tu l’as dit par toi même Farah,c 1 sujet tabou dont la plupart des concerné(e)s préfèrent ne pas aborder ou avouer leur malaise comme il leur fait honte..Rien à voir avec la liberté d’expression des gens occidentaux(relativement).
On se croit tjr le seul à souffrir du problème(un simple grigontage ou boulimie),alors quand on en parle,on se surprend à voir les autres se plaindre de symptômes plus ou moins similaires…
Ce qui m’a étonné lors de mes recherches c’est que les statistiques confirment que la plupart des personnes atteintes de boulimie ne sont pas obèses comme on croit..7 personnes sur 10 des boulimiques sont tout à fait minces et normales pr leur apparence..
Une astuce: avoir des techniques pratiques pr gérer son stress ou vaquer à des activitées créatives pr ne pas diminuer cette manie…décompresser,voir les choses d’un oeil positif pr profiter du »bon stress »..et..s’occuper tout court!!
Merciii ma chere zineb , oui tout à fait les personnes boulimiques ne sont pas toutes boulimiques cest une bonnes remarques. Bon cest dur de gerer son stress . Mais j dirai que vraiment nos comportements reflétent beaucoup notre etat d’ame et parmis eux le comportement alimentaire !!
Je trouve que cet article est trés interessant,car ça relève de mon expérience lorsque j’etais au lycée.A cette époque là,j’étais trés boulimique,je mangeais tout ce que je trouve à tel point que jai pris16KG à une période courte,je fuyais tout le monde,je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit,à tel point que mes résultats scolaires et mon niveau au classse s’est détérioraient,et si j’avais continué sur cette voie,j’aurais fait surement une dépression!!!Tout cela était à cause du fait que mon père ne m’a pa laissé faire la section que j’aime,et oû jai de trés bons résultats
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