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28 juin
2011

Peut-on changer quelqu’un qu’on aime ?

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Article rédigé par Zineb El Mandoubi

Avez-vous déjà entendu un discours du genre : « C’est quelqu’un de bien, attentionné, galant, cultivé et charmant…mais il est un peu jaloux et autoritaire. C’est pas si grave, n’est-ce pas ? Je peux bien le changer en un rien de temps » ou du type : « Elle est belle, gentille, intellectuelle mais exigeante et têtue parfois…Je suis sûr que je peux régler cela après le mariage ! » ?

Quand on rencontre la personne qui fait chavirer notre cœur, on croit être tombé sur un don du ciel, celui ou celle possédant toutes les affinités qu’il faut, mais… (Ce « mais » perturbateur) dont un  ou plusieurs traits de caractère ne nous plaisent pas et qu’on espère tellement changer. Et là on se flatte d’avoir une emprise sur cette «faille». On s’imagine qu’on peut le changer avec le temps. Ce désir de changer l’autre, est-ce possible ou juste un leurre?

Déjà, pourquoi changer l’autre ?

Qu’est ce qui nous pousse à vouloir changer le caractère de l’autre, puisque c’est justement les différences qui mettent du sel dans la relation? La complicité dans un couple n’impose pas que l’autre pense et agisse identiquement à nous.

Cette manie est due à ce sacré idéal de couple qu’on a toujours en tête, extraite des films romantiques et des romans à l’eau de rose. C’est comme décrocher la perle rare dont une petite égratignure nous pousse frénétiquement à vouloir à tout prix la modifier. C’est là où on perd beaucoup et au lieu de jouir de ce qu’on a, on stresse à la frotter et à la mettre sous pression pour la rendre impeccable.

Mais d’un autre coté, changer l’autre ne serait-il pas l’aider à franchir un pas dont il a réellement besoin ? Aucun de nous n’est parfait, mais chacun porte en soi les éléments nécessaires à la création d’un caractère harmonieux équilibré.

Oui, certes on a tendance parfois à ce que l’autre se conforme à nos propres désirs. La maturité est de prendre conscience que des fois c’est une impasse .L’autre n’est pas « une pâte à modeler » pour le façonner à nos propres désirs. La volonté de changer autrui ne suffit pas, tout comme l’amour qu’on lui témoigne d’ailleurs. Encore faut-il  y ajouter une bonne dose de patience et d’empathie de notre part et surtout (l’ingrédient principal) sa propre volonté à Lui. Et pas seulement en avoir envie, il faut qu’il en exprime la demande. Si c’est pour vous « changer l’autre », pour lui c’est  « changer pour lui et pour l’autre »

Les critiques

Gare de faire changer l’autre en le critiquant à tort et à travers. Les critiques (surtout celles directes et répétitives) font diminuer son estime de soi et le mettent dans un état de frustration croyant qu’il est incapable de vous satisfaire ou de vous impressionner. Elles engendrent  sa rancune à votre égard et peuvent gâcher votre relation à deux à la longue.

Possible ou pas ?

L’homme connaît fort bien ses qualités mais ignore souvent ses défauts. Il est rare qu’il reconnaisse en lui l’existence d’une caractéristique désavantageuse et qu’il l’avoue même à son ami le plus intime. Il lui est souvent assez embarrassant de mettre à nu devant son prochain les faiblesses cachées de son propre caractère. Mais avec la fréquentation et la promiscuité, son proche dépistera certains zèles et voudra bien les lui en faire débarrasser.

Certains sociologues stipulent que parfois il vaudrait mieux espérer remuer des montagnes de leurs places plutôt que de changer une personne surtout s’il est question de sérieux défauts. Il faut se rendre à l’évidence que celui que vous voulez changer a été éduqué et façonné différemment de vous pendant des dizaines d’années. Donc le faire changer rapidement c’est se fourrer le doigt dans l’œil, notamment  s’il n’en manifeste pas le désir. S’il s’agit de vraies défectuosités (tendance à la violence, accoutumance à l’alcool, à la drogue ou au poker..), il vaudrait mieux  faire en sorte qu’il reconnaisse son mal et le convaincre de consulter un spécialiste. Comme dit Elmer E.Knowles : « Nous avons tous des défectuosités de caractère. Nous essayons de nous consoler en nous persuadant qu’elles ne sont pas aussi mauvaises que nous nous l’imaginons et que nous pourrions aisément nous en débarrasser si nous le voulions. Cependant dans la majorité des cas, à moins que nous ne le déracinions par une vraie auto-analyse et un vrai accompagnement d’un expert, elles restent ancrées en nous jusqu’à la fin de notre vie, paralysant nos chances de réussite, amoindrissant nos facultés et nous frustrant de nos récompenses. »

Changer l’autre est-ce le manipuler ?

Changer l’autre ne serait-il pas synonyme de manipulation, de domination ?ne serait-il pas plier l’autre à ses désirs sans respecter sa propre identité ?Et s’il se force à changer juste pour nous plaire ou garder notre amour, n’y perdra t-il pas sa propre personnalité ?ne deviendra t-il pas un peu  effacé et pas du tout à notre goût .Peut-être qu’on va se retrouver en face d’une personne qu’on ne reconnaitra plus et on se le reprochera plus tard. Parfois ce n’est pas écologique de se fondre dans les désirs de l’autre. A trop vouloir manager un lien mutuel on finit par le gâcher ou le rendre dépourvu de sens.

L’alternative ?

Une vraie histoire d’amour partagée et réciproque fait que chacun soit prédisposé à  faire de son mieux pour changer, et à faire certaines concessions .Cela se fait spontanément, sans calcul ni pression, comme une évidence. On peut changer l’autre sans le manipuler pour autant, mais en lui offrant la possibilité d’y voir plus clair dans ses défauts, en lui donnant une seconde chance, beaucoup de temps et en le rassurant  pour qu’il change à son aise, à notre contact. Revendiquer le droit de changer l’autre est une confrontation directe qui peut le perturber et le mener inconsciemment au déni, à l’entêtement ou à la fuite. Mieux vaut être indirect, suggérer par des procédés subtiles. On ne change pas parce qu’on nous le demande mais parce qu’on en a envie et parce que on en a intérêt pour être en harmonie avec soi et avec l’autre.

Et si tout commence par nous changer nous-mêmes ?

Une femme qui désire que son mari fainéant l’aide un peu à la maison, qu’est-ce qu’elle est censée faire? Plus elle fait le ménage, moins l’homme s’y met. Si elle arrête cette manie de trop en faire, l’homme commencera peut-être à s’y mettre. Un homme qui souhaite que sa femme devient moins râleuse, au lieu de se mettre dans son jeu, il pourra se taire et l’éviter temporairement pour lui faire comprendre que ce n’est pas une façon de communiquer. Et ainsi de suite pour d’autres cas. Changeons nous-mêmes et l’autre se mettra à l’action.

Mais parfois il faut accepter ses limites, accepter qu’on ne peut pas changer l’autre, comme dit Francis Blanche : « Il vaut mieux changer le pansement que de penser le changement ». Et si on acceptait  l’autre tel qu’il  est (et vice versa) et au lieu de le forcer à changer, essayer de se faire évoluer mutuellement. « Si nous pouvions avoir le don de nous juger tels que les autres nous jugent, nous éviterions de nombreuses embûches ».

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Catégorie : Mariage, Relations

houda :
2 juillet 2011 à 11:40

trés interessant comme article, merci zineb pour ceux sujet tellement important. je suis tout a fait d’accord avec le fait que la personne qu’on aime on doit l’aimer telle qu’elle est et accepter ses défauts.mais à mon avis , même le fait de chercher à changer quelques traits de caractére de l’autre montre à quel point on est interessé à faire aboutir la relation et faire réussir sa continuité.
le plus important c’est de ne penser à changer l’autre que s’il s’avére impossible une compatibilité sur le long terme si les caractéres présents persistent..
là vous avez traité comme exemple quelques défauts simples..
pouvez vous me proposer une maniére pour changer une trés grande partie de la personnalité qui dérange? comme le faite de ne pas être sérieux et de prendre toutes les choses à la légére…comment pouvons nous pousser l’autre à changer un tel défaut?

Naima :
3 juillet 2011 à 12:42

Il est vrai que vouloir changer ce que nous croyons être un défaut de l’autre, ou une incompatibilité de caractère est une évidence.

5 juillet 2011 à 11:40

Article qui met les points sur les i.

J’aime beaucoup le chapitre sur les critiques
. Je n arrête pas de critiquer directement et « fortement  » mon partenaire comme:
- tu es avare
-tu es superficiel
-tu es introverti
-tu n’a pas de goût
-tu es bledar
etc… etc..
Alors que toutes mes amies le trouvent adorable.
Je comprends maintenant pourquoi il ne me dit plus; Je t’aime .
Mille mercis monsieur Hafidi. Je vais ouvrir un oeil sur ses qualités.
A.L /CH

9 juillet 2011 à 3:10

Salut,

Article impressionnant.En effet, les critiques ne sont pas une méthode pour changer l’autre ou plutôt « l’aider à évoluer ».Car comme vous l’aviez préciser ça n’engendre que la sous estime et la rancune.
Un autres point qui a susciter mon attention et que je juges pertinent, c’est celui de commencer par changer soi-même.Ceci dit-on s’avère efficace c’est comme donner une leçon indirectement à son conjoint, lui apprendre des habitudes puis le laisser notifier leur absence.Ainsi, saura-t-il ce qu’il faudra faire (pour changer ce que vous vouliez qu’il change…il le fera machinalement).

Faysal Hafidi (auteur) :
10 juillet 2011 à 12:20

Exact Qamaria, il suffit de changer soi même ou d’adopter le comportement que nous voulons chez l’autre sur nous même d’abord, et le miracle arrive. Ceci dit, il faut le faire sincérement sans attendre que l’autre change. Il faut se concentrer sur soi et les autres nous suivent même en partie. Merci Zineb :)

Souky :
29 mai 2012 à 4:42

Wooow et moi qui attend le miracle arriver du ciel j’attend de lui qu’il change alors que moi aussi je suis une copie identique à lui j’attend l’initiative de sa part, s’il fait la tête j’en fais pareil! et comme ça on avance pas, je me dis que c’est à lui de faire le premier pas à chaque fois.
Là vraiment j’apprécie ce que vous dites mais reste toujours dans le doute de ‘comment je deviendrai après m’avoir changée , vais-je perdre ma personnalité comme cité ci-dessus (Changer l’autre est-ce le manipuler) ça s’applique sur soi aussi n’est ce pas ?!
merci de votre retour Si Faycal/ou les autres :)

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