Article rédigé par Zineb El Mandoubi
J’ai furtivement pris connaissance d’infos qui circulaient sur Facebook concernant la Somalie, ce qui m’a beaucoup ému et provoqué une crise existentielle, que je résume ainsi :
Pourquoi la seule perspective de souffrir ou de voir souffrir un être cher nous est insupportable tandis que nous restons de marbre (toujours, souvent ou parfois) bon gré mal gré, à la souffrance de personnes étrangères à nous, qui restent tout de même des êtres humains vivant dans la même planète ?
Lorsqu’on voit le désastre qui se déroule en Somalie sous nos yeux (derrière nos écrans respectifs), on voudrait bien bouger, faire quelque chose pour eux, remuer ciel et terre, crier contre cette injustice, leur envoyer des dons via une association humanitaire ou ne serait-ce qu’un repas!
On ne manque jamais de nourriture chez nous, et il y’a même des pays dont une grande tranche souffre d’obésité due à un excès de consommation alors que d’autres crèvent de faim en ce beau XXIème siècle de mondialisation et d’abondance en tout sauf en généreuse solidarité.
Ce sujet fait alimenter farouchement nos discussions familiales ou amicales autour d’un café…Mais rapidement, nous n’y pensons plus, ni n’en parlons.
Notre compassion, sincère à l’évidence, n’a pourtant duré que le temps d’un flash-info par la seule présence visuelle des images de ces gens qui ont succombé à la famine dans un pays où le seul fait de parler de nourriture relève d’un tabou…
Sommes-nous devenus des monstres pour autant ou c’est juste la nature humaine qui fait qu’il y’a un ordre de priorités à respecter et qu’on n’y peut rien? Peut-être qu’à trop entendre de mauvaises nouvelles d’actualité, on a développé une certaine immunité face à leur impact sur nous (Rappelez-vous l’affaire Palestinienne, on ne l’a pas oubliée bien sûr mais on s’y est habitué)
Toutefois une simple rage de dents qui tombe mal dans notre quotidien nous fait l’effet d’une descente aux enfers. On angoisse, on s’en plaint, on prend un Day-off du travail, en courant d’urgence chez le dentiste avec l’intention de respecter le traitement prescris à la seconde et à la lettre. Et on ressasse l’événement en l’annonçant à nos amis et proches comme si c’était le scoop de l’année. Le même scénario se produit lorsqu’il s’agit d’un parent cher, ou un conjoint par exemple.
Bref, un minuscule bobo personnel qui prend l’ampleur d’une affaire d’Etat alors que des âmes quittent ce monde affreusement et en silence.
N’y a-t-il pas un contraste entre les vrais malheurs qui frappent les gens un peu partout dans le monde, entre les milliers de sinistrés qui meurent par milliers chaque minute, et cette impassibilité dont parfois nous faisons preuve consciemment ou inconsciemment. Il y’a dans l’élection de l’amour que nous portons à nous-mêmes la plus grande part d’injustice qui soit envers les autres.
Est-il impossible pour notre cœur de contenir toutes les misères du monde, même disproportionnellement ? Serions-nous des complices à ces injustices par notre silence et passivité ?
Il y’a dans la vision du malheur des autres un sentiment atroce d’égoïsme et de soulagement à la fois; celui de ressentir le privilège d’être épargné (hélas!). Mais cela n’arrive pas toujours qu’aux autres et les aléas de la vie n’épargnent personne.
Si on ne peut rien faire pour tous nos frères accablés, autant leur adresser une sincère prière venant du cœur : que Dieu leur vienne en aide et apaise leurs souffrances. A bon Entendeur!
Combien notre humanité contient parfois une vraie part d’inhumanité…


Un très bon article qui nous rappelle notre longue hibernation concernant ce qui se passe à nos frères au monde entier : la cause palestinienne, la famine de la somalie, la discrimination en Europe des arabes en général et des musulmans en particulier et la liste est très longue.
Pour le sujet de votre article, la famine de la Somalie n’est pas nouvelle, le pays n’a pas de gouvernement centrale stable et il est déchiré depuis longtemps par la guerre civile qui profite aux chefs de tribus locaux, aux trafiquants des armes et aux pirates.
Le problème de la Somalie est donc avant tout un problème politique que les aides matérielles les plus généreuses ne peuvent le résoudre.
Seule une volonté politique locale peut aller par le pays dans la voie de structuration de ses institutions et de ses administrations. Il est à noter que quelques pays de golf se sont engagés depuis des années dans l’amélioration des conditions de vie des somaliens mais ils se sont butés contre une faible adhésion des chefs des tribus locaux qui préféraient la voie de la violence pour régler leurs différents et garder leurs intérêts.
Je note aussi que la Somalie est un ensemble de trois sous pays, le plus pauvre est la partie centrale là ou il y a Makadichou alors que la partie du nord a les terres les plus fertiles au monde mais non exploitées. La partie du sud est elle aussi riche en ressources naturelles mais aussi non exploitées. Le pays possède aussi une longue côte maritime.
La Somalie n’est pas un pays pauvre comme on croyait mais ce sont les conditions politiques qui empêchent le pays d’aller dans la voie de développement.
Effectivement Anouar, on n’aurait jamais imaginé arriver à une telle situation si ce n’était pas un problème politique. Ceci dit, le silence de la communauté internationale est choquant.
Nous n’avons fait tant de choses pour Gaza et on oublie ici que presque la même chose arrive sauf que ce sont les armes qu’on a changé.
Merci Anouar pour le volet informatif qui en dit long sur la situation dramatique de ce pays musulman.
Ce qui me choque c’est le silence de tous ces Etats puissants au niveau international, qui n’ont qu’à lever le petit doigt pour cesser ce genre de conflits politiques mais qui restent de marbre tout simplement parce qu’ils n’ont aucun intérêt à le faire.
Et c’est tjr les innocents qui en paient le prix…
salam
j arrive pas à comprendre ce point de négligence et de je-m’en-foutisme de la part des pays arabes srtt- et ce n est que très dernièrement que le Qatar puis la Saoudite ont lancé des compagnes des dons , le reste des pays arabes ont bougée après très timidement .
il faut bouger et motiver les autres à donner quoi que soit le montant petit ou grand , si chacun de nous participe même à peu d’argent , on aura la possibilité d’assembler un montant respectueux et sauver des vies là-bas
Allah lmosta3an !
Le pire est comment avons-nous attendus jusqu’à ce que le drame soit déjà tombé. Il y a en fait des conflits de guerre et d’intérêt économique. Les peuples payent !
Participez à la discussion !