Article rédigé par Zineb El Mandoubi
Elle a perdu son bébé, celui qu’elle a couvé neuf mois, celui qu’elle a tant attendu et qu’elle a aimé ardemment avant même de le voir. « Choquée », « abattue» sont des mots qui ne sauront décrire son état d’âme. Elle ne veut surtout pas se faire à cette réalité. Elle refuse de l’admettre et croit encore que peut-être il ne s’agit que d’une simple confusion.
Elle accuse Dieu, la vie, la chance, son mari, les médecins, sa famille…Elle rejette toute proposition d’aide ou de consolation, la prenant pour de la pitié. Elle se laisse submergée par sa tristesse dévastatrice. Elle devient isolée, perdue, anéantie comme une fleur fanée. Elle a quitté son travail et vit depuis dans son cocon à elle, vidée de l’intérieur.
Au bout d’un certain temps, son mari, lassé de tout avoir essayé, finit par lâcher prise et part. Ses amis ne la reconnaissant plus, disparaissent l’un après l’autre. Sa famille, croyant qu’elle a besoin de distance, s’est éloignée d’elle. Elle a fini par faire le vide autour d’elle. En s’accrochant à un lien déjà inexistant, elle a brisé tous les autres liens qui auraient pu la retenir en vie.
Accident mortel, maladie chronique, mort d’un être cher, licenciement d’un travail, chagrin d’amour, divorce…La liste des évènements qu’on peut subir est non exhaustive.
La plupart des gens les perçoit comme une injustice qu’ils ne méritent pas, avec des « Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? Qu’est ce que j’ai fait de mal? Il y’a tant de personnes qui sont épargnées ! ».
Ou ils l’associent à une sorte de punition qu’ils croient mériter en réponse à des erreurs qu’ils ont commises. La fameuse phrase « Je ne suis pas à la hauteur, j’ai fait des choses dont je ne suis pas fier auparavant, c’est pourquoi j’en paie le prix maintenant ! » illustre bien la scène.
Le psychothérapeute David Richo dans son livre « Les cinq choses qu’on ne peut pas changer dans la vie », révèle cinq réalités terrestres immuables : l’imprévu, la déloyauté, la souffrance, l’injustice, l’impermanence (la finitude).
Refuser d’accepter ce qu’on ne peut pas éviter c’est rejeter sa destinée, croire que notre Créateur nous a infligé une peine qu’Il aurait pu nous épargner, ce qui est un leurre. On croit qu’en agissant ainsi on va modifier la donne. C’est un vrai cycle vicieux : on ne veut pas se rendre à l’évidence, on ressasse la situation à maintes reprises, cela agit sur notre psychosomatique, on en devient malade et on n’est plus conscient de notre présent.
Un dur coup nous ébranle et déstabilise, et on aimerait bien trouver une astuce pour le contourner, ce qui n’est pas toujours évident.Se casser la tête à vouloir changer ce qui est inéluctable nous pompe notre énergie et fait prolonger notre frustration. Certaines personnes, n’en pouvant plus, dérivent vers l’excès de nourriture, les cigarettes, l’alcool, la drogue…Et dans des cas extrêmes ils mettent une fin à leur vie quand leur souffrance devient intolérable.
Prendre du recul, rester lucide, implorer l’aide de Dieu, demander le soutien de son entourage et tirer de bons enseignements de l’expérience vécue, voilà de bonnes options.
Acceptation ne veut pas dire « résignation »
Lorsqu’on parle des vertus de l’acceptation, on ne veut surtout pas insinuer par là un fatalisme ou de la résignation qui a tout un autre sens. Se résigner c’est accepter avec soumission, c’est subir sans réagir. Or, Accepter c’est abandonner l’illusion de vouloir tout contrôler, ne pas résister à son passé (car il est ce qu’il est), et par la suite,tenter de trouver un bon positionnement pour avancer.
Un faux départ dès l’enfance :
Si, enfants, on a été éduqué de façon à appréhender et redouter tout changement qui n’était pas en notre faveur, il y’aura de fortes chances d’agir de même à l’âge adulte.
Par exemple, quand on est confronté à un rejet de la part d’une personne actuellement, ce n’est pas ce rejet qui cause à 100% notre amertume. 90% de cette douleur est importé du registre des « rejets » de notre passé. Au lieu d’en être anéanti, et de mettre tout sur le dos de l’autre, demandons-nous quel a été le premier abandon dont on a souffert dans notre vie, et si on a réussi à le dépasser réellement ou s’il continue toujours à jeter son ombre sur nous inconsciemment. Prendre conscience qu’on a déjà vécu cette expérience douloureuse nous aidera à dépasser celle-ci moins intensément.
La vie n’est pas toujours juste :
On n’a pas contracté un compromis avec la vie stipulant qu’on sera à l’abri de tous les tracas. C’est bien l’illusion à laquelle on aimerait bien se laisser aller.
La souffrance est un élément intrinsèque à la vie. Qui dit « vie » dit « plaisir » et dit aussi « souffrance ». Même en étant bon et loyal, on ne peut exiger de la vie d’agir de tel envers nous. Souffrance et plaisir sont deux facettes qui s’alternent. Sans avoir souffert de solitude, on ne peut jouir du plaisir d’une bonne compagnie. Sans la peur de la mort, comment on aurait pu apprécier la joie de vivre et de voir vivre les êtres chers qui nous entourent ?
Les gens trouvent du plaisir à jouer le rôle de la victime et perdent un temps fou à chercher des réponses à des « pourquoi » inutiles. Et si chacun fait table rase de ces questions inutiles et se demande juste : « Qu’est-ce que je peux faire de bon pour moi pour atténuer mon désarroi et aller de l’avant? ».
Les gens ne sont pas toujours bons comme on le pense :
Etre déçu, trahi ou abandonné est un réel malaise et une atteinte profonde à notre estime de soi et à notre confiance envers nous et les autres. Il reste que chacun a de fortes chances de passer par là un jour ou l’autre si la conjoncture est mauvaise. Pourquoi ne pas l’accepter et prendre sa part de responsabilité et faire le bilan: « Ai-je donné autant que j’ai reçu ? Il y’a-t-il des choses que je peux me reprocher ? Ai-je trop attendu de l’autre ? Ai-je laissé traîner les choses au point qu’elles ont tournées au vinaigre ? Qu’est-ce que j’ai appriset comment je peux en profiter ultérieurement ? »
Une vie ne peut pas toujours être planifiée :
Munis de toutes les stratégies draconiennes du monde, on ne peut éviter l’inévitable. Nos plans risquent de temps à autre d’être contrariés. On doit se demander si ce problème est dû à un facteur exogène ou à un choix personnel qui n’était pas assez judicieux. Par exemple dans le cas de perte d’un être cher, cette perte n’est pas un problème en soi. La mort est un processus naturel éventuel à tout un chacun. Le problème c’est de ne pas s’en remettre ; c’est quand cela nous coince et nous empêche de continuer de vivre et d’atteindre nos objectifs.
Chercher du soutien et avoir de la compassion pour soi-même :
Pour assumer une mauvaise impasse c’est dur de ne compter que sur soi-même. Faire appel à un ami, un membre de la famille ou un expert ne nous sera que bénéfique. Trouver une oreille attentive et bienveillante susceptible d’atténuer le degré du malaise et d’en raccourcir la durée est un don du ciel. Avoir de la compassion pour soi c’est pleurer sur vous même en imaginant que vous serrez fort dans vos bras la petite fille ou le petit garçon que vous avez été, jusqu’à ce qu’elle (il) s’apaise. C’est une façon d’évacuer petit à petit des choses de l’enfance qui nous ont fait très mal. Cette façon de faire s’appelle l’autoréparentage.
Un bon exemple
Le personnage contemporain qui m’a toujours inspiré personnellement, entre autres, est Nelson Mandela. Même lorsqu’il a été condamné à plus de vingt-sept ans de prison pour n’avoir pas trahit ses idéaux (résistance à l’oppression et l’exploitation occidentale), il était satisfait de son sort. Il savait qu’au font ce n’était qu’une étape provisoire qui fera place à ce qu’il a toujours été: un leader ! Ce combattant est lié émotionnellement à l’Afrique du Sud et a donné beaucoup de sa liberté, son temps, ses efforts et son argent à cette région et ses habitants. D’ailleurs ce n’est pas pour rien qu’une étude récente l’a élue comme l’homme vivant le plus respecté au monde ! C’est la preuve que parfois un malheur peut bien cacher de grands bonheurs si on est assez patient pour les laisser venir.
Les belles et sages paroles qu’a formulé le théologien protestant ReinholdNiebuhr dans les années 1930 sont devenues maintenant l’hymne des Alcooliques Anonymes : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence ».
A bon Entendeur !…


bonjour,
j’ai aimé l’article, mais je n’est pas vraiment aimer l’illustration
L’idée est là,l’essentiel c’est de faire le deuil de ce qu’on ne peut pas contrôler pour se concentrer sur ce qu’on peut contrôler. Pour les illustrations, tu n’as qu’à les adapter à ton vécu ou ta réalité. Merci pour le commentaire Loubna
Grand merci Zineb d’avoir répondu à mon commentaire, j’essaie toujours de faire le lien entre l’article et l’illustration, et j’avoue que celle-ci m’a un petit peu choqué je ne sais pas pourquoi.
Or, je te félicite pour ton article qui m’a vraiment touché, et qui m’a aidé à me convaincre que je n’étais absolument pas à la cause de certains de mes malheurs, même si j’en paie les frais.
merci pour le post.. like it
Salut
J’ai vraiment apprécié cet article.Très bien structuré, il permet d’appréhender et de maîtriser la vie dans son essence.Changer le négatif en profit est un secret qui permet d’avancer dans la vie. C’est ce qui me permet d’évoluer dans ma sphère. Ainsi le maître mot pour moi est l’ESPOIR. j’ai confiance en l’avenir et en l’humanité.
Merci pour tout et Bonne continuation.
Merci à toi Loubna,et permts-moi de te dire un truc sur la responsabilisation(puisque t’en a parlé):
Ce concept stipule que chacun de nous est le premier responsable des résultats qu’il obtient, il en assume les conséquences et il n’accuse pas les autres,et ne cherche pas de prétextes ou des boucs émissaires. c’est tant mieux d’ailleurs puisque c’est une attitude anti-paranoia qui évite plein de casse-temps et énergie perdue inutilement. D’ailleurs si v faites une chose dont vous avez la responsabilité vous vous sentez motivé.
@ Brunault: Merci pour vos appréciations, vous l’avez bien dit: tout ça pr nous permettre d’avancer..To move on!
J’adore votre article Zineb
il m’a vraiment inspiré!
Bonjour Mr Faysal,
vos thèmes m’interesse béaucoup, ils sont trés impréciables,
et comme vous savez que la base de connaitre nos talents, de passe du rêve au concret, ou d’améliorer nos vies, c’est la psychologie et comportement, je suis trés apécier de l’histoire de Mr et Mme ORDINAIRE ( de préférence en Majescule), et ce qui nous rendre tous ou presque Ordinaire c’est nos comportements (analyse transactionnelle), et sans oublier le cummule socio-éducatif qu’on a apris de la naissance en passant par l’école jusqu’au nos diplômes supérieures, et d’être Mr ou Mme ORDINAIRE c’est tellement la personne PARFAIITE.
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